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Crépuscule
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Allez vieillard, viel homme, vieux beau Quitte l'assise moelleuse du fauteuil du parvenu Va du côté des vivants, du présent, de l'avenir Abandonne les peurs, les pleurs, les deuils Enfuis-toi au galop vers le crépuscule Ce n'est pas encore l'heure du sépulcre Lance-toi les yeux braqués vers le couchant Laisse-toi encore séduire par la beauté littorale Garde l'assiette, souple et ferme, les jambes collées aux flancs de la bête merveilleuse Respire le vent gorgé de senteurs océanes Le soir arrive traînant une vague atmosphère boréale Et dans tes oreilles assourdies entend vibrer Le champ cadencé des sabots sur le sable Entend aussi le murmure incessant des vagues carressant les tendons fatigués De son mouvement perpétuel Alors, un instant, brillera pour toi un soupçon d'éternité A o Penhors "Sous la froide compassion des étoiles " Fernando Pessoa
Rose
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Rose Vivement qu'elle naisse Rose Comme une promesse Rose Dans l'allégresse Rose Mais tu ne t'appelleras peut-être pas Rose? Alors, il faudra changer de rimes Et chanter un nouvel hymne A l'amour sublime T'offrir un bouquet de primevères Avec ces quelques vers Pour te dire : bienvenue Ma petite fleur
En route mauvaise troupe
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En route mauvaise troupe Partez mes enfants perdus Ces loisirs vous étaient dus La chimère tend sa croupe Partez, grimpez sur son dos Comme essaime un vol de rêves D'un malade dans les brèves Fleurs vagues de ses rideaux Ma main tiède qui s'agite Faible encore, mais enfin Sans fièvre et qui ne palpite Plus que d'un effort divin Ma main vous bénit petites mouches De mes soleils noirs Et de mes nuits blanches Vite, Partez petits désespoirs Petits espoirs, douleurs, joies Que dès hier renia Mon cœur quêtant d'autres proies Velut aegri somnia* Paul Verlaine * Comme les rêves d'un malade
Rythme des vagues
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J'étais assis devant la mer, sur le galet Sous un ciel clair, le flot d'un azur violet Après s'être gonflé en accourant du large Comme un homme accablé d'un fardeau s'en décharge Se brisaient devant moi, rythmés et successifs J'observais ces paquets de mer lourd et massifs Qui marquaient d'un hourra leurs chutes régulières Et puis se retiraient en râlant sur les pierres Et ce bruit m'ennivrait; et pour écouter mieux Je me voilais la face et je fermai les yeux Alors en entendant les lames sur la grève Bouillonner et courir, et toujours et sans trêve S'écrouler en faisant un fracas cadencé Moi l'humble observateur du rythme J'ai pensé qu'il doit être en effet une chose sacrée Puisque celui qui sait, qui commande et qui créé N'a tiré du néant ces moyens musicaux Ces falaises aux rocs creuses pour les échos Ces sonores cailloux, ces stridents coquillages Incessamment heurtés et roulés sur ...