24 oct. 2016

MOLENE

MOLÈNE

Chaque matin je vois Molène
Je la regarde
Comme une énigme
Parfois sous le soleil
Lumineuse et sereine
Souvent dans la brume
Cotonneuse et blême

Et toi sur l’île minuscule
Regardes-tu la mer
Et le lointain ?
Cherches-tu à oublier
Le tumulte ?
Accroché à ce caillou
Si proche
Et en même temps
Si loin


Les bateaux de pêche sont partis très tôt
Du Conquet
Leur port d’attache
Les annexes sont ballottées
Aux corps-morts attachées
Au large
Les filets sont lancés
Sans pitié
Pour les prises
Grises et argentées

Chaque matin
Je vois Molène
En Bretagne
Dans la beauté
Du monde
Extrême

Au loin Ouessant
Scintille
En lueurs saccadées
Rappelant
Toujours et sans cesse
Le choc des tempêtes
La violence du vent
La puissance des éléments
Naufrageurs

Chaque matin je regarde Molène
Comme une énigme



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